Une abeille nourrice penchée sur des alvéoles de couvain

Au centre de la ruche, dans les alvéoles du couvain, grandissent les futures abeilles. Et elles sont tout sauf livrées à elles-mêmes : des études filmées à l'intérieur des ruches ont compté qu'une seule larve reçoit plus de mille visites par jour de la part des abeilles nourrices — de l'ordre de 1 300, pour des passages de deux à trois secondes.

Nourrir, mais surtout inspecter

Toutes ces visites ne sont pas des repas. La plupart sont des inspections : la nourrice plonge la tête dans l'alvéole, évalue l'état de la larve et la quantité de nourriture présente. Elle ne dépose de la nourriture que lorsque la réserve descend sous un certain seuil. Les chercheurs pensent qu'une larve affamée émet un « signal de faim » qui déclenche des visites plus fréquentes : la ruche ajuste en continu.

Un menu qui décide de tout

Les trois premiers jours, toutes les larves reçoivent de la gelée royale, sécrétée par les glandes des nourrices. Ensuite, les futures ouvrières passent à un mélange de miel et de pollen — le « pain d'abeille ». Une larve, elle, continue d'être gavée exclusivement de gelée royale : c'est ce régime, et lui seul, qui en fera une reine. Même œuf au départ, destin différent selon l'assiette.

Le couvain, thermomètre de la colonie

Multipliez ces milliers de visites par les milliers de larves d'une colonie active, et vous mesurez l'énergie que la ruche consacre à sa descendance. Le couvain est aussi son point sensible : si la nourriture manque, si le froid s'installe ou si la reine faiblit, c'est lui qui en pâtit d'abord. Observer le couvain, pour l'apiculteur, c'est prendre le pouls de la colonie.

Quand on dit que le miel est un produit du vivant, c'est aussi cela : derrière chaque pot, une pouponnière que des milliers d'ouvrières veillent sans relâche.

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