L'apiculteur observe ses ruches dans la garrigue

On croit souvent que l'apiculteur « fabrique » son miel. C'est faux. Le miel, ce sont les abeilles qui le font — à partir de ce qu'elles trouvent, quand elles le trouvent. Mon métier, c'est de leur offrir de bonnes conditions, de les observer, et de récolter au bon moment ce qu'elles acceptent de laisser.

Concrètement, cela veut dire s'adapter en permanence. Une année, le romarin donne bien ; l'autre, une gelée tardive change tout. La lavande papillon fleurit tôt, la callune très tard. Selon la météo et les floraisons, les colonies produisent plus ou moins, ici plutôt que là. Je ne décide pas de ça. Je suis.

C'est pour cette raison qu'aucun pot ne ressemble tout à fait au précédent, et qu'aucune récolte n'est garantie d'avance. Un miel de terroir, c'est justement ça : le reflet fidèle d'une saison et d'un lieu, pas un produit calibré.

Respecter les abeilles, c'est aussi ne pas les épuiser : leur laisser de quoi vivre, intervenir en douceur, extraire sans précipitation. Le reste — la finesse, le parfum, la couleur — c'est leur travail, pas le mien.

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